J’ai pu découvrir Rouille dès sa sortie l’année dernière (un grand merci à mon libraire préféré !) et rencontrer immédiatement après Floriane Soulas lors des Imaginales 2018.

Je n’avais pas souhaité en parler à l’époque, car les avis (très bons en général) étaient extrêmement nombreux et je ne voyais pas l’intérêt de rajouter ma voix aux autres. Le roman a depuis obtenu de nombreux prix dont le prix Imaginales des lycéens 2019 et cette chronique pour le PLIB me parait l’occasion idéale pour donner mon avis en essayant d’être objective.

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Rouille de Florian Soulas, éditions Scrinéo (16,90€)

Quatrième de couverture :

Dans un Paris alternatif du XIXe, alors que l’Homme a conquis la lune, une femme sans mémoire se démène pour trouver son identité

Paris, 1897. 
De nouveaux matériaux découverts sur la Lune ont permis des avancées scientifiques extraordinaires. Mais tout le monde n’en profite pas ! En dehors du Dôme qui protège le centre urbain riche et sophistiqué, le petit peuple survit tant bien que mal. C’est dans une maison close sur l’un de ces faubourgs malfamés qu’a échoué Violante, prostituée sans mémoire. Alors qu’elle se démène pour trouver son identité dans un monde dominé par les hommes et les puissants, sa meilleure amie disparaît dans d’atroces circonstances. 
Contre la raison, la jeune femme décide de prendre part aux investigations…

L’histoire de Rouille, c’est donc celle de Violante, une prostituée sans mémoire qui mène l’enquête pour élucider une série de crimes horribles mais aussi pour se réapproprier son passé dans un Paris de la fin du XIXème siècle qui emprunte à la fois au steampunk et à l’uchronie.

Je vous propose 4 raisons pour lesquelles j’ai aimé Rouille :

  • Ses personnages

Violante est le type même de l’héroïne aujourd’hui : « badass », à laquelle le lecteur ne peut que s’attacher et bien entourée par toute une galerie de personnages hauts en couleurs qui accompagnent le lecteur dans sa découverte du Paris steampunk imaginé par l’autrice : Léon le proxénète, Jules le « geek », Armand le torturé et bien sûr ces sortes « d’enfants perdus » qui peuplent les bas-fonds de la ville. De plus, le personnage de la prostituée au grand cœur est en général plus souvent un « sidekick » qu’une héroïne et en voir une être un personnage principal à part entière est plutôt inhabituel.

  • L’environnement de l’héroïne

Ce premier roman est un mélange hyper- intéressant entre une uchronie (tout a changé au XIXème siècle lorsque les hommes ont colonisé et exploité la lune) et du steampunk (présence de dirigeables, la Tour Eiffel est devenu un aérodrome, les gadgets sont omniprésents).

  • Ses descriptions

Dans cette histoire, j’ai trouvé l’écriture de Floriane Soulas simple et limpide, quasi cinématographique. Je n’ai donc eu aucun mal à la suivre dans sa description du dôme qui protège les privilégiés ainsi que du Paris grouillant « à la Victor Hugo » qui se déploie dans les faubourgs.

  • Sa couverture

Si vous avez vu ce roman dans sa version papier, vous avez certainement remarqué sa magnifique couverture signée d’Aurélien Police. Cette illustration à la fois poétique et sombre est vraiment magnifique et parfaitement adaptée au roman.

J’aimerais cependant, émettre deux petits bémols :

  • Sur les personnages dont le développement apparaît parfois incohérent : Violante la prostituée de luxe surnommé Duchesse est quasi recluse dans sa maison close mais semble ne pas avoir beaucoup de clients et pouvoir sortir assez facilement. Elle ne se réduit souvent qu’à l’archétype de l’héroïne courageuse tombée dans « le ruisseau » mais qui appartient en fait à la haute société et finira par retrouver sa place. Floriane Soulas décrit le milieu extrêmement dur de la prostitution au XIXème siècle. Pourtant les personnages qui y évoluent (mère maquerelle, proxénète et voyou) d’abord décrits comme sans pitié ont finalement le cœur tendre et secondent Violante dans ses aventures. De ce fait, il peut être problématique lors de sa lecture de sentir une certaine empathie pour Léon et les autres voyous. Armand est lui- même un méchant caricatural qui aurait mérité d’être plus développé.
  • Sur l’action assez mal répartie dans ce roman: si les deux premiers tiers de l’histoire sont assez descriptifs et comportent parfois des répétitions, la dernière partie regorge de péripéties et de rebondissements.

Alors, Rouille, pour résumer c’était comment?

Je vous dirais que c’était un bon moment de lecture qui m’a permis de rentrer dans l’univers du steampunk: cet été, je viens de finir la duologie de l’empire électrique de Victor Fleury. J’espère que ce n’est que la première de belles découvertes à venir dans l’univers du steampunk.

 

quatre-pingouins

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